top of page
150124_imageslaura (1).jpg

𝐄𝐉𝐄𝐂𝐓 - 𝐏𝐨𝐬𝐭𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐉+𝟏𝟎𝟑

"Très heureux d'avoir retrouvé hier, 15 janvier, Laura Couturier pour tourner des plans complémentaires et nécessaires à la compréhension d'un aspect sensible du film ... revenir à une sorte d'instinct primitif dans l'acception même du mot "cinématographe" (Bresson bordel !) ... le manque de temps n'entame en rien l'audacieux principe, parfois hasardeux, d'une recherche expressive où le "tout dire" laisse une place au "tout supposer" ... dans un vécu de chacun aussi mal appris que mal transmis. J'inflige régulièrement ces réflexions à une lecture aussi mal transposée que mal transcrite ... Pourquoi chaque film ne serait-il pas l'occasion (unique?) de poser ces interrogations sur le fait même de choisir l'image et le son pour raconter ... mais raconter quoi ? son histoire et son sang, son histoire et sa peine ? rejoindre là encore Eluard. Pourquoi "là encore" ? Car je lui avais fait une large place dans "Juste après les larmes", et qu'il est de nouveau évoqué, plus ponctuellement, dans EJECT ... et ouvrir ainsi à la curiosité d'explorer, pour certaines et certains, de nouveaux univers ... le cinéma m'a fait découvrir (vous avez vu ? dans découvrir, il y a "ouvrir" !) tant de choses ... tant d'expressions dites "artistiques" ... des cinéastes, des écrivains, des peintres, des photographes, des musiciens ... et seul capable de mélanger tout cela quand il est bien fait ... un espace d'une seconde à ressentir le bonheur tout vivant en soi ... et c'est aussi pour prolonger ce bonheur, souvent acquis dans une terrible peur de ne pas parvenir à l'élaborer, que le besoin de filmer puis de partager est au coeur du sens d'une vie qui, a priori, n'avait aucun sens. C'est ainsi qu'il m'a fait comprendre que je pouvais sublimer les actes machinaux qui font le quotidien par les caresses qui le rendent immortel. Le désordre mécanique au service de ce plaisir désordonné que je parviens à trouver dans l'association improbable à l'être que je pourrais aimer et qui pourrait m'aimer ... sans la sentence d'une trop vive intelligence dévouée à la souffrance ... Revêtir cette jeunesse éternelle pour surpasser la durée de la vie, et refuser que le monde continue à tourner sans ma pensée ... je vous renvoie à JP Melville dans "A bout de souffle" dont le personnage, Parvulesco, répond ceci à la question "quelle est votre ambition dans la vie ?" : "Devenir immortel ... et puis mourir"."

100124_postprod.jpg
080123_PostProd.jpg

EJECT - PostProduction J+97

"Montage d'une séquence importante à la précision diabolique ... j'y puise et épuise les ressources de ce langage cinématographique auquel je suis tant attaché ... et qui, malgré sa technicité, laisse une large part à l'improvisation miraculeuse mettant en connivence les éléments narratifs ... une histoire ? ... d'amour ? ... Forcément ... toutes les histoires sont des histoires d'amour plus ou moins heureuses ou malheureuses ... mon histoire d'amour avec EJECT vibre dans ce jeu du hasard et de la violence ... renversé à coups de dé-fis, le film me lance constamment des challenges ... que je relève de manière plus ou moins heureuse ou malheureuse ... notre union chaotique en pleine tempête me chavire sur des plages d'interrogations qui trouvent leurs réponses dans un espace-temps-présent où s'oublier soi-même est la solution aux problèmes posés ... un art de vivre son art à défaut de pouvoir en vivre."

bottom of page